Souveraineté alimentaire

Les véritables causes de la faim sont la pauvreté, les inégalités et le non accès aux aliments et à la terre. Beaucoup de gens sont trop pauvres pour acheter les aliments disponibles ou n’ont pas de terre ou de moyens pour semer. Seules des techniques ayant des effets positifs sur la distribution des richesses, les revenus et les actifs qui soient en faveur des pauvres pourront réduire la faim.

Ces pays doivent plutôt que d’appliquer un modèle intensif en capitaux et en intrants s’appuyer sur un modèle agroécologique qui favorise la biodiversité, le recyclage des nutriments, la synergie entre cultures, animaux, sols et autres composants biologiques, ainsi que la régénération et la conservation des ressources.

En ce qui concerne la faim, le modèle conventionnel voit dans les exportations le moyen de générer les devises nécessaires pour importer des aliments bon marché qui théoriquement devraient éviter que les gens meurent de faim. Ses défenseurs affirment que les cultures d’exportation génèrent des emplois.

La souveraineté alimentaire va au-delà du concept de sécurité alimentaire.

La sécurité alimentaire signifie que chaque enfant, chaque femme et chaque homme doivent être surs de recevoir une alimentation suffisante chaque jour. Mais le concept ne dit rien sur l’origine de l’aliment, ni sur la manière dont il est produit. L’importation massive d’aliments subventionnés et bon marché asphyxie les agriculteurs locaux, les obligeant à abandonner leur terres. Ils viennent grossir le nombre des sous alimentés et ils migrent vers les quartiers urbains pauvres, ou ils ne trouvent pas d’emploi salarié leur permettant de vivre dignement.

Pour atteindre une sécurité alimentaire propre, les populations des zones rurales doivent avoir accès à la terre productive, disposer par des techniques agroécologiques et recevoir des prix justes pour leurs productions. Elles doivent pouvoir s’appuyer sur des circuits locaux de production et de consommation, ou les familles des agriculteurs puissent vendre leurs produits et acheter ce qui leur et nécessaire. L’argent circule ainsi plusieurs fois au sein de l’économie locale, générant des emplois dans les villages et permettant aux agriculteurs de gagner leur vie. Au contraire, si ce que les agriculteurs produisent est exporté au prix du marché international (à prix bas) et si la majeure partie de ce qu’ils achètent est importé (à prix élevés), tous les gains du système sont extraits de l’économie locale et vont vers les économies lointaines.

C’est pourquoi une souveraineté alimentaire reposant sur les marchés et les économies locales est essentielle pour lutter contre la faim et la pauvreté.

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