Désertification

Quelques 70% des 5,2 milliards d’hectares de sols arides utilisés pour l’agriculture ou 30% de la surface émergée du globe sont dégradés et menacés de désertification.

L’agriculture intensive fragilise les couches supérieures du sol dont la dégradation libère le carbone. Sachant que 1500 milliards de tonnes de carbone sont contenues dans les sols à moins d’un mètre de profondeur, la protection des sols est une priorité face au réchauffement climatique.

La dégradation, l’érosion des sols, la désertification sont les conséquences d’une agriculture intensive productiviste qui a atteint ses limites et à montrer son incapacité à nourrir suffisamment les populations locales.

« Le terme désertification désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides et sub-humides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines » UN CCD art 1er a.

En général, la dégradation des sols débute par une altération de la végétation, une modification de la composition floristique, les espèces les plus utilisées ou les plus appétées se raréfient et disparaissent. Ensuite ou parallèlement, le couvert végétal s’éclaircit, la production de biomasse diminue. Les capacités de reproduction et de régénération de la végétation se réduisent de plus en plus. Le sol, moins protégé par la couverture végétale est soumis à l’action mécanique des précipitations qui provoquent une modification des états de surface.

La diminution de la biomasse et de sa restitution au sol entraîne des pertes progressives de matière organique, qui constitue un des éléments déterminants des propriétés des sols. La stabilité structurale et la porosité décroissent. La susceptibilité à l’érosion s’accroît entraînant une destruction progressive du sol. Les conséquences sur la fertilité (chute sur la capacité d’échange et des éléments disponibles), et sur le plan hydrique (augmentation du ruissellement, baisse de la réserve en eau disponible pour les plantes, modification du régime hydrique et des échanges avec l’atmosphère, aridification) sont très importantes. Elles auront en retour un effet sur la végétation et la production.

Une spirale de dégradation est constituée et, sans intervention, elle conduira à une désertification irréversible. Il est possible de redonner vie à ces sols en y apportant de la matière organique sous forme de compost, en veillant à la rotation des cultures, en cultivant des légumineuses. Aujourd’hui, il y a des techniques qui peuvent secourir de façon considérable les populations. Il ne manque que les ressources le savoir faire existe. La destruction des matières organiques représente une des principales origines de la disparition des terres fertiles et du cycle de l’eau. La conservation des terres existantes comme la régénération des terres dégradés passe par l’entretien des humus, ils se révèlent être une interface universelle et vitale entre la géologie, l’atmosphère et les systèmes vivants. Le compost et ses méthodes doivent être développé pour redonner vie aux sols et les protéger. Ils retrouveraient ainsi leur fertilité.

La désertification a également de graves conséquences pour la nature. Elle rend les terrains inondables et entraîne la salinisation des sols, la détérioration de la qualité de l’eau et l’envasement des cours d’eau et des bassins. Des pratiques non durables en matière d’irrigation risquent de conduire à l’assèchement des cours d’eau qui aliment les grands lacs : les rives de la mer d’Aral et du lac Tchad se sont ainsi considérablement réduites. Les réserves mondiales d’eau potable ont diminué de près des 2/3 depuis 1950 et chaque année, 12 millions de personnes meurent en raison de pénuries d’eau et de la contamination de l’eau potable. La dégradation des sols est une source majeure de pollution marine d’origine terrestre du fait que l’eau et les sédiments pollués sont emportés par les grands cours d’eau.

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